Masculinisme et pédophilie

Publié: septembre 18, 2013 dans Articles sur le masculinisme

par Patric Jean

Un pan de la pensée masculiniste développe des idées plus que douteuses à propos de la pédophilie et de l’inceste.

En infiltrant des mouvements masculinistes (pour mon film « la domination masculine ») J’ai moi-même été témoin de conversations de certains des militants qui argumentaient sur la manière de se prémunir de toute inculpation pour agression sexuelle sur ses enfants (suite à une « fausse allégation » de la mère évidemment). Certains d’entre eux n’ont pas caché leur sympathie pour un père incestueux condamné à plusieurs années de prison et qu’ils considèrent comme « un héros de la cause ». Un des témoins a même donné à son chien le nom d’un pédophile incarcéré…

Une des origines de cette « pensée » remonte à un pasteur et psychologue américain, Ralph Underwager, inventeur du  » Syndrome des Faux Souvenirs  » (des femmes adultes qui s’inventeraient des souvenirs d’abus sexuels subis pendant leur enfance). Underwager a été accusé de violences sexuelles par sa propre fille et défendait publiquement des thèses pro-pédocriminelles, appelant les  » pédophiles  » à  » affirmer fièrement et courageusement leur choix.

L’adage de Ralph Underwager est: « Il est préférable qu’un millier d’enfants dans des situations d’abus ne soient pas découvert qu’une personne innocente soit condamnée par erreur « .

Plus près de nous, comme l’a souvent dénoncé Léo Thiers Vidal : « le psychologue belgo-canadien, Hubert Van Gijseghem qui représente selon de nombreux observateurs un des courants les plus réactionnaires sur la question des violences faites aux enfants répand le concept de » Syndrome d’aliénation Parentale  » (SAP).

Inventé par Richard Gardner, le SAP est l’idée (sans base scientifique aucune) selon laquelle lors de séparations de parents, 90% des accusations de sévices sexuels dénoncés par les enfants seraient abusives. Il y aurait lavage du cerveau de l’enfant par le parent qui en a la garde (la mère, comme par hasard, dans un grand nombre de cas). Le père violeur serait donc toujours innocent ou presque.

D’après Thiers-Vidal, la promotion du Syndrôme d’Aliénation Parentale est souvent l’oeuvre d’associations de pères séparés et de leurs nouvelles conjointes ainsi que de certains courants du secteur socio-éducatif, incarné en France et en Belgique par la  » Revue d’action juridique et sociale – Journal du droit des jeunes ». Ainsi, en France un association promouvant le SAP a vu le jour et travaille en étroite collaboration avec le Ministère de la Justice (note : au moment où il l’écrit) et des associations de pères séparés, notamment à travers des groupes de travail sur les  » fausses allégations d’abus sexuel « .

On comprend que ces théories ont pour but d’empêcher des poursuites contre des pères abusifs voire de légitimer des agressions sexuelles contre leurs enfants.

Philippe D. Jaffé, professeur de psychologie à l’université de Genève et président de la Société Suisse de Psychologie légale (SSPL), déclare (cité par Vidal) » l’aliénation parentale est un concept qui est souvent récupéré par des avocats et des parents peu scrupuleux et même brandi par plusieurs milieux associatifs actifs dans la promotion des droits du père « .

Vidal a critiqué les particularités méthodologiques de Van Gijseghem agissant en tant qu’expert devant des tribunaux.

« Dans un procès, un homme accusé d’avoir sexuellement agressé une fille de 10 ans (attouchements et tentative de viol) avait été expertisé par Van Gijseghem : celui-ci lui avait donné quatre tests évidemment  » scientifiques et objectifs, donc non projectifs  » pour que celui-ci les remplisse… tranquillement chez lui.

Lors du procès Van Gijseghem avait déclaré :  » Il n’est pas très probable que M. S. ait posé les gestes qui lui sont imputés. Mon flair clinique ne m’a pas fait voir de danger « .

Ni son  » flair  » clinique, ni ses tests  » objectifs  » semblent très opérationnels, puisque l’homme accusé se révèlera plus tard être récidiviste (il avait été condamné à 6 mois de prison pour le viol d’une fille de 15 ans et il avait reconnu un autre viol aux Pays Bas). Cet homme, M. S., reconnaîtra plus tard non seulement l’agression sexuelle contre cette fille de 10 ans, mais également deux autres viols. »

Le Collectif contre le viol a publié une très intéressante étude qui fait état de 339 enfants pour lesquels cette idéologie aurait causé des dénis de justice.

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commentaires
  1. Dorothée dit :

    Quand je dis que j’aime… C’est réellement monstrueux !

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