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Origine du masculinisme

Publié: septembre 18, 2013 dans Articles sur le masculinisme

Déjà au XIXème siècle.

A la fin du XIXème siècle, aux Etats-Unis, en quelques années, les hommes qui se composaient à 90% de travailleurs indépendants (artisans, commerçants, agriculteurs) ne le sont plus qu’à 35% en raison de l’industrialisation.

La machine a fait son apparition, rendant moins nécessaire la force physique. « Pour revaloriser la masculinité viriliste, des hommes mettent sur pied des associations pour garçons, comme les scouts. Certains prétendent que l’habileté mécanique est un attribut masculin, justifiant ainsi l’exclusion des femmes des emplois en manufactures.» (Mélissa Blais et Francis Dupuis-Déri, « Qu’est-ce que le masculinisme », in Le Mouvement masculiniste au Québec, éditions Remue Ménage.)

L’Europe est aussi traversée par des discours sur une prétendue crise de la masculinité mais la première guerre mondiale puis le nazisme remettront au goût du jour l’exaltation de la masculinité ostentatoire.

Au XXème siècle

C’est dans les années 80 que ces mouvements refont surface, à la faveur de l’émergence du conservatisme à la Thatcher ou Reagan d’une part, et d’autre part en réaction à la transformation de la société où les femmes obtiennent plus de liberté.

Il s’agit bien d’une réaction d’une classe qui perd du pouvoir sur une autre, et que l’on pourrait comparer à la réaction de blancs américains lors de l’abolition de lois raciales.

Le psychologue Guy Corneau.

En 1989, le québécois Guy Corneau publie un ouvrage à succès (actuellement recommandé dans certaines écoles pour travailleurs sociaux en Belgique par exemple), « Père manquant, fils manqué » où il dénonce la mère devenue dominante et castratrice « qui s’ingénie à briser la masculinité du fils au moyen de gestes et d’arguments souvent violents. » Il s’agit à travers tout le livre de revaloriser une virilité perdue.

Le livre fera tache d’huile et influencera nombre de psychologues et animateurs de réflexion sur la masculinité.

En Europe

Dans les années 90, les media de France se lancent dans la bataille et développent toutes sortes d’articles et de dossiers où les hommes, présentés comme des victimes des femmes expriment leur mal être. Il n’y aurait plus de patriarcat et les femmes auraient pris le pouvoir. Des personnalités émergent, pas toujours très fréquentables mais adorées des media : Alain Soral (aujourd’hui proche de Dieudonné), le chroniqueur Eric Zemmour, l’écrivain Jacques Arènes, le psychanalyste Michel Schneider…

Des groupes d’hommes se forment en Belgique puis en France, se cachant très souvent derrière des revendications de pères divorcés. En Grande-Bretagne, les « Fathers for Justice » se feront connaître souvent de manière violente. Leur attitude agressive (parfois physiquement) se double d’une habitude de se déguiser en super héros (superman, Spiderman etc) comme on le voit dans les vidéos sur le site.

D’autres personnalités ont ensuite fait le bonheur des media français en reprenant les thèses masculinistes sans toutefois en connaître l’origine.

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par Patric Jean

Un pan de la pensée masculiniste développe des idées plus que douteuses à propos de la pédophilie et de l’inceste.

En infiltrant des mouvements masculinistes (pour mon film « la domination masculine ») J’ai moi-même été témoin de conversations de certains des militants qui argumentaient sur la manière de se prémunir de toute inculpation pour agression sexuelle sur ses enfants (suite à une « fausse allégation » de la mère évidemment). Certains d’entre eux n’ont pas caché leur sympathie pour un père incestueux condamné à plusieurs années de prison et qu’ils considèrent comme « un héros de la cause ». Un des témoins a même donné à son chien le nom d’un pédophile incarcéré…

Une des origines de cette « pensée » remonte à un pasteur et psychologue américain, Ralph Underwager, inventeur du  » Syndrome des Faux Souvenirs  » (des femmes adultes qui s’inventeraient des souvenirs d’abus sexuels subis pendant leur enfance). Underwager a été accusé de violences sexuelles par sa propre fille et défendait publiquement des thèses pro-pédocriminelles, appelant les  » pédophiles  » à  » affirmer fièrement et courageusement leur choix.

L’adage de Ralph Underwager est: « Il est préférable qu’un millier d’enfants dans des situations d’abus ne soient pas découvert qu’une personne innocente soit condamnée par erreur « .

Plus près de nous, comme l’a souvent dénoncé Léo Thiers Vidal : « le psychologue belgo-canadien, Hubert Van Gijseghem qui représente selon de nombreux observateurs un des courants les plus réactionnaires sur la question des violences faites aux enfants répand le concept de » Syndrome d’aliénation Parentale  » (SAP).

Inventé par Richard Gardner, le SAP est l’idée (sans base scientifique aucune) selon laquelle lors de séparations de parents, 90% des accusations de sévices sexuels dénoncés par les enfants seraient abusives. Il y aurait lavage du cerveau de l’enfant par le parent qui en a la garde (la mère, comme par hasard, dans un grand nombre de cas). Le père violeur serait donc toujours innocent ou presque.

D’après Thiers-Vidal, la promotion du Syndrôme d’Aliénation Parentale est souvent l’oeuvre d’associations de pères séparés et de leurs nouvelles conjointes ainsi que de certains courants du secteur socio-éducatif, incarné en France et en Belgique par la  » Revue d’action juridique et sociale – Journal du droit des jeunes ». Ainsi, en France un association promouvant le SAP a vu le jour et travaille en étroite collaboration avec le Ministère de la Justice (note : au moment où il l’écrit) et des associations de pères séparés, notamment à travers des groupes de travail sur les  » fausses allégations d’abus sexuel « .

On comprend que ces théories ont pour but d’empêcher des poursuites contre des pères abusifs voire de légitimer des agressions sexuelles contre leurs enfants.

Philippe D. Jaffé, professeur de psychologie à l’université de Genève et président de la Société Suisse de Psychologie légale (SSPL), déclare (cité par Vidal) » l’aliénation parentale est un concept qui est souvent récupéré par des avocats et des parents peu scrupuleux et même brandi par plusieurs milieux associatifs actifs dans la promotion des droits du père « .

Vidal a critiqué les particularités méthodologiques de Van Gijseghem agissant en tant qu’expert devant des tribunaux.

« Dans un procès, un homme accusé d’avoir sexuellement agressé une fille de 10 ans (attouchements et tentative de viol) avait été expertisé par Van Gijseghem : celui-ci lui avait donné quatre tests évidemment  » scientifiques et objectifs, donc non projectifs  » pour que celui-ci les remplisse… tranquillement chez lui.

Lors du procès Van Gijseghem avait déclaré :  » Il n’est pas très probable que M. S. ait posé les gestes qui lui sont imputés. Mon flair clinique ne m’a pas fait voir de danger « .

Ni son  » flair  » clinique, ni ses tests  » objectifs  » semblent très opérationnels, puisque l’homme accusé se révèlera plus tard être récidiviste (il avait été condamné à 6 mois de prison pour le viol d’une fille de 15 ans et il avait reconnu un autre viol aux Pays Bas). Cet homme, M. S., reconnaîtra plus tard non seulement l’agression sexuelle contre cette fille de 10 ans, mais également deux autres viols. »

Le Collectif contre le viol a publié une très intéressante étude qui fait état de 339 enfants pour lesquels cette idéologie aurait causé des dénis de justice.

En 2009, le parquet de Caen (Calvados) a renvoyé en correctionnelle un homme de 39 ans pour avoir organisé la tentative de séquestration de son ex-compagne.

L’histoire débute par une belle photo de famille. En 1995, Fabrice Devaux, ancien étudiant en école de commerce, mèche blonde, la mise toujours soignée, s’éprend de Marie, une jolie brune discrète qui poursuit un doctorat en pharmacie. De leur union naissent une fille en 1998 et des jumeaux en 2000. Le couple se déchire trois ans plus tard et se retrouve devant un juge aux affaires familiales pour la garde des enfants.

L’enquête de personnalité décrit Fabrice Devaux comme quelqu’un pour qui « la réussite sociale prime », ajoutant que la séparation « constitue une blessure narcissique ».

30 000 € pour séquestrer son ex-compagne

La justice fixe la résidence des enfants au domicile de leur mère à Caen. Un crève-coeur pour Fabrice Devaux installé à Jouques (Bouches-du-Rhône). Celui-ci se plaint de ne pas jouir pleinement de ses droits de visite. Il fabrique un faux jugement lui accordant la garde de ses enfants. Août 2004, Fabrice Devaux, muni d’un faux passeport au nom d’Eric Mugnier s’enfuit en Australie avec ses trois enfants. Le séjour tourne court. Les services de l’immigration australiens renvoient le faux Eric Mugnier et ses enfants en France. Malgré un bref passage en prison, Fabrice Devaux n’abdique pas.

Août 2005, lors de sa visite dans un centre protégé, le cadre commercial enlève à nouveau ses trois enfants. Direction l’Espagne, l’Italie et la Suisse pour la découverte des parcs d’attractions. Pour brouiller les pistes, Devaux multiplie ses points de chute. Après son escapade européenne, il embarque avec ses enfants sur un catamaran vers les Antilles. Une nouvelle vie sur les îles, abrégée au bout de quelques mois par l’interpellation du fugitif. Avant sa condamnation à un mois de prison, Fabrice Devaux, placé sous contrôle judiciaire, plaide sa cause sur le plateau de l’émission « Ça se discute » de Jean-Luc Delarue en septembre 2007 sur les familles déchirées.

La chance semble désormais lui sourire. La brigade des stupéfiants à Caen a reçu des messages anonymes qui signalent que son ex-compagne cache de la drogue dans sa Kangoo. « La pharmacienne de Caen alimente les soirées bourges », avertit le corbeau. Les enquêteurs retrouvent 100 g de cocaïne à l’endroit indiqué. Mais les sachets plastique contenant la drogue proviennent d’un hypermarché proche… du domicile de Fabrice Devaux. Ce dernier est alors placé sous écoute. Se servant d’une dizaine de portables et de cabines téléphoniques, l’ancien fuyard aurait proposé 30 000 € à deux légionnaires du Vaucluse pour séquestrer son ex-compagne. Lors des perquisitions, une malle et un pistolet anesthésiant pour bovins sont retrouvés. Un des légionnaires détient des photos du logement de la pharmacienne. Au fil des investigations, huit personnes sont arrêtées, dont des proches de Devaux et des membres de SOS Papa, une association de défense pour les pères divorcés. Tous sont suspectés à des degrés divers d’avoir participé soit à la cavale de Devaux, soit au trafic de stupéfiants, ou encore à l’association de malfaiteurs en vue de commettre une séquestration. Joint hier, Jacques Martial, avocat du suspect principal a indiqué qu’il réservait ses « déclarations pour le procès ».

Le masculinisme est l’ensemble des idées qui défendent la position dominante des hommes dans la société et les privilèges qui y sont associés. Il combat toute idée d’égalité entre les hommes et les femmes.

Il réaffirme les différences culturelles les plus archaïques entre hommes et femmes qu’il justifie par des arguments biologiques.

Il affirme la primauté du père sur la mère, de l’homme sur la femme. Il tend à nier ou parfois justifier la violence conjugale en culpabilisant les victimes.

Dans sa version la plus extrême, il relativise ou défend la pratique pédophile et véhicule des croyances à propos du pseudo « syndrome d’aliénation parentale » inventée par un promoteur de la pédophilie du nom de Gardner.

Le masculinisme, dit aussi anti-féminisme, est souvent considéré comme idéologie réactionnaire, donc classée à droite ou parfois à l’extrême-droite.

Les injustices systémiques dont les hommes seraient victimes de la part du système judiciaire (dans les cas de violence conjugale par ex) seraient le fruit d’un « véritable complot » (Georges Dupuy) assimilé à la persécution des juifs par les nazis.

Pour voir l’influence de cette pensée, lire l’édifiant article de Léo Thiers-Vidal et Palma à propos du rapport de l’ONU sur les violences sexuelles contre les enfants.